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Offrir une alimentation de qualité grâce à l’agriculture paysanne : l’ambition d’une épicerie aixoise

(Cet article a été écrit en décembre 2015 dans le cadre du MOOC "Ecrire pour le Web" de Rue89, que j'ai validé avec un score de 82%)

À Aix-en-Provence, une épicerie associative tente de concilier agriculture paysanne, meilleure alimentation et prix abordables depuis février 2014. Une démarche complexe, mais qui rencontre le succès.

En entrant par curiosité dans l’épicerie du Coing, dans le quartier populaire d’Encagnane à Aix-en-Provence, une cliente hésitante remarque immédiatement qu’elle n’est pas chez un maraicher ordinaire. Un recoin mal éclairé abrite deux tables basses, des sièges et des meubles dépareillés recouverts de prospectus. Les fruits et légumes sont entreposés dans des meubles en bois qui ont été donnés à l’épicerie. Contrairement à ce qu’elle supposait, ici, tout n’est pas bio, mais le développement durable est une volonté de tous les jours.

Depuis février 2014, l’épicerie propose des produits issus de l’agriculture paysanne, qui n’est pas définie par un label, comme l’explique la Confédération paysanne dans cette bande dessinée. L’association Pays’en Ville, qui gère l’épicerie, a des objectifs ambitieux : allier économie solidaire et alimentation en soutenant cette agriculture dans la région, tout en offrant des produits de qualité à des prix abordables.

L’agriculture paysanne expliquée en deux minutes par les auteurs du webdocumentaire belge Champ libre (DR)

« Je suis prête à payer le prix juste. »

Tous les fournisseurs de l'épicerie se situent dans un rayon de 160 kilomètres autour d’Aix-en-Provence. Les produits sont de saison ; pas d’agrumes de Floride ou de tomates d’Espagne en plein hiver, mais des pommes d’Arles, du miel du Fuveau et du fromage d’Esparron. Ce circuit court, en plus d’être écologique, permet à l’épicerie de maintenir des marges faibles. Le prix de revente ne dépasse pas 1,8 à 2 fois le prix d’achat, que les fournisseurs déterminent eux-mêmes. L’épicerie s’est fixé cette limite afin d’offrir ses produits au plus grand nombre, et les clients apprécient. « Je n’ai pas l’impression que ce soit plus cher ici. Je suis prête à payer le prix juste », explique Elisabeth, bénévole dans une association voisine.

Infographie : Léo Caravagna. Tous droits réservés.

Les rayons de l’épicerie du Coing ne débordent pas de fruits et légumes aux couleurs éclatantes. Les commandes sont déterminées en fonction des ventes de la semaine précédente. Livrée deux à quatre fois par semaine, l’épicerie minimise les pertes et limite les risques de pénurie. Les produits ne voyagent presque pas, et sont vendus frais et murs. 85% des produits sont achetés directement au producteur ou au transformateur.

La transparence, une valeur primordiale pour l’épicerie.

Dans le fond de l’épicerie, face aux bouteilles de bière d’Uzès et de Marseille, les rapports d’activités de Pays’en Ville sont disponibles sur une petite table. L’association est très attachée à la transparence. Les étiquettes de prix indiquent le nom du fournisseur et sa commune, et la marge pratiquée par l’épicerie le sera bientôt.

Infographie : Léo Caravagna. Tous droits réservés.

« Je viens ici pour la qualité des marchandises, mais l’ambiance, la transparence et le soutien à l’économie locale sont tout aussi importants pour moi », déclare Valentin. À l’image de cet habitant du quartier, les clients sont de plus en plus nombreux, et se disent séduits par le concept comme par la qualité des produits.

Léo Caravagna

Image de couverture : Bruce Tuten [CC BY 2.0], via Wikimedia Commons

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